Deuxième réalisations déjà pour Corrado Sardella qui officie sous le nom de Doracor (l'ami Corrado  semble adorer écrire à l'envers, témoin un court message apparaissant dans le livret, destiné aux extra-terrestres (!) et illisible sans miroir). Alors, on prend le même et on recommence? Presuqe. Si le premier album était entièrement instrumentale, on retrouve sur cette nouvelle rondelle quelques passage vocaux chantés en italien (Emanuele "Toti" Pinto) qui viennent agréablement varier le propos, ainsi q'une "vraie" guitare sur le premier morceau, mais pour l'essentiel on ne change pas de crémerie (les passages vocaux étant limités à quelques minutes sur le 55 du disque). Des claviers en veux-tu en voilà: tous les instruments sont joués avec ces derniers (parties de guitare, de basse et de natterie) et c'est par pelletées entière qu'ils nous inondent les tympans. Qu'ils soient virtuoses, évanescent ou rythmés on plonge en plein dans symphonique progressif des Genesis (période centrale). Contrairement aux albums solo des virtuoses de claviers (Emerson, Wakeman  et consorts) il n'y a ici aucune démonstration gratuite. Pas de petits morceaux courts où les notes défilent à la vitesse d'une kalachnikov, laissant la mélodie pour compte. Chaque pièce est construite, écrite et les multiples cassures et autres envolées symphoniques ne lassent jamais. Le reproche incontournable que l'on fait à tout multi-instrimentiste, c'est-à-dire la froideur et l'aspect mécanique de la musique n'est que peu perceptible et quand on connait la galère à trouver des musiciens capables de jouer ce style de musique, on ne peut qu'accepter le choix de Doracor. Tout le monde n'a pas la chance d'un Alfonso Vidales (auquel on porrait comparer notre instrumentist) qui avec Cast  a trouvé les musiciens appropriés pour illustrer son propos. Les remercements (pour source d'inspiration) de fin d'album sont autant de signes: entre ELP,  Solaris, Orme, IQ, Händel, Arena, Collage, Verdi, Sebastian  Hardie, Goblin (et j'en passe...). Corrado Sardella  a puisé aux sources du symphonisme, sans denigrer les groupes actuels, pour nous présenter sa version de la musique et ceux qui aiment les claviers et qui ont apprécié Motoi Sakuraba ou bien ceux encore qui rêvent que Tony Banks fasse un album solo digne de ce nom trouveront largement leur compte à écouter ce disque.

Dr. Prog