Et de trois pour le multi-instrumentiste italien qui frappe décidément très fort quand on se souvient que le premier disque était sorti il y à peine deux ans. Multi-instrumentiste? Plus vraiment, car outre quelques vocaux (rares, mais bons et chantés en italien) il s'est adjoint un guitariste électrique et un second en acoustique. Musicalement on reste dans la lignée des précédentes oeuvres, à savoir un symphonisme au grand teint, aux claviers omniprésentes, qui prend une ampleur et une richesse nouvelle sur l'hénaume suitede près de 40 minutes qui donne son titre à l'album. Toujours ce moog à la  Tony Banks, encore ces sons d'orgues enchanteurs et cette musique qui s'envole vers les sommets du lyrisme, tempérée par d'excellents interventions de guitare et les superbes vocalises de Dea, la soprano. Une grande variété de thèmes imprègne la musique, de la flamboyance la plus insolente, jusqu'à l'émotion des passages les plus introspectifs et les plus mélodiques. C'est sans conteste le meilleur album de Corrado Sardella (le maître d'oeuvre qui se cache derrière  Doracor), et pourtant, j'ai beau ré-écouter ce disque, me laisser bercer par ces sons diversifiés de claviers qui me rappellent les meilleurs moments de l'ami  Banks, je ne peux m'empêcher d'être agacé par cette putain de batterie électronique. Ce n'est pas qu'elle soit mal programmée, ce n'est pas du 4/4 bête et méchant, mais que voulez-vous, je n'y peux rien: ce son métronomique me gâche l'instant musical. Le gros problème vient de la splendeur de la musique jouée: une musique totalement électronique, visant l'hallucinatoire ou l'ambiance, s'accomode très bien de ce genre d'engin, mais l'ambition symphonique et la magnificence de certains parties de claviers ne sont nullement mises en valeur. Tapez-y une rythmique, même néo-progressive, du style  IQ, Arena  ou Nexus, et je vous assure que ce disque en aurait décoiffée plus d'un. Il m'empêche, si vous êtes attirés par les claviers symphoniques et grandiloquents, ce disque mérite assurément que l'on s'y attarde... Car il ne faut pas se montrer trop sévère, Corrado Sardella  avouait récemment un parti pris, et que les bons batteurs, capables d'accompagner valablement ce genre de musique se font rares... O Tempora, O Mores!

Dr. Prog